« On aurait pu penser que l’homme était apparu à la manière d’un intermède dans le spectacle de la nature. Voilà qu’il décide d’être, à lui tout seul, tout le spectacle. »2
Se confinant à Lacan dans le confinement, auquel nous, enfants de l’édition des séminaires, avons la chance de pouvoir se colleter dans l’illusion de ne rien manquer de sa parole, la vie semble se donner comme un fil. Des réitérations, redites, répétitions. Les mêmes portes, avec le même gardien qui feraient frémir des héros kafkaïens nouveaux.3
J’ai intitulé mon propos : « Démythifier l’interprétation œdipienne », en référence à un texte de Marc Strauss1 dont je vais reprendre quelques idées originales. Mais avant cela, je vais évoquer quelques points au sujet de l’œdipe avec comme objectif d’approcher les soubassements des mythes.
Le premier point concerne la lecture des Études sur l’Œdipe de Moustapha Safouan2. Dans le chapitre « L’Œdipe est-il universel ? », il écrivait que « l’Œdipe n’est au fond qu’une forme culturelle parmi d’autres, qui sont également possibles pourvu qu’elles accomplissent la même fonction, qui est la promotion de la fonction de la castration dans le psychisme. » Tout l’axe de sa réflexion porte sur le père, ce qui lui permet d’avancer que « l’Œdipe, c’est la castration. »
Jean-Jacques Beineix, cinéaste populaire, atypique, indépendant et marginal, est mort le 13 janvier dernier à l’âge de 75 ans. Né à Paris le 8 octobre 1946, il s’est éteint à son domicile parisien des suites d’une longue maladie.
En 2002, Marc Morali et moi-même, avions profité de la toute récente sortie de Mortel transfert pour aller interviewer Jean-Jacques Beineix dans ses locaux à Paris. Nous lui avions demandé ce qu’était pour lui la fonction du cinéma, d’une image, d’un film… Nous l’avions encore interrogé au sujet du rapport de l’art et du commerce et de la société de consommation, sur le statut de la création artistique et de l’œuvre d’art, sur son rapport à la psychanalyse car il avait repris une cure analytique…
Il nous avait beaucoup parlé de temps, de rythme, de désir, de l’inconscient mais aussi de son rapport à la mort et à la pulsion. Nous étions encore revenus longuement sur son premier film, Diva, qui n’avait finalement qu’un seul personnage principal : la voix…