L’expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu’il s’agit d’une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n’en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C’est souvent l’échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l’entrée dans le discours analytique.
Nous en étions arrivés à une question fondamentale dans notre périple éditorial. En quoi le rapport au particulier, voire à la singularité, peut-il mettre en défaut la prise par le collectif ?
Si l’on rajoute en plus le climat de guerre dans lequel nous sommes pris, nous sommes dans un délire de fin de monde. Ce que nous sommes en train d’essayer de dégager c’est de rajeunir la question de Einstein à Freud (entre autres). « Pourquoi la guerre ? », nous ajoutons « aujourd’hui ».
Osons poser la question sous forme inversée : « Comment se fait-il qu’il y ait des périodes où nous sommes inversement dans… « l’après-guerre » ? »
« On aurait pu penser que l’homme était apparu à la manière d’un intermède dans le spectacle de la nature. Voilà qu’il décide d’être, à lui tout seul, tout le spectacle. »2
Se confinant à Lacan dans le confinement, auquel nous, enfants de l’édition des séminaires, avons la chance de pouvoir se colleter dans l’illusion de ne rien manquer de sa parole, la vie semble se donner comme un fil. Des réitérations, redites, répétitions. Les mêmes portes, avec le même gardien qui feraient frémir des héros kafkaïens nouveaux.3