Cet ouvrage correspond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d’Écoles de psychanalyse, l’auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
Le terme « cabinet » vient du mot cabine (1491), et désigne en premier lieu, une chambre retirée dépendant d’une plus grande.
Quelque chose comme une petite pièce à part, abri, refuge, lieu d’étude.
D’abord cela. Après quoi l’Histoire ira bon train, avec les cabinets de travail et d’études, le cabinet de lecture, le cabinet noir espion pour le gouvernement, mais au départ une pièce sans fenêtre et sans lumière, où l’on enfermait les enfants pour les punir, les cabinets d’aisances ou de toilettes, le cabinet médical, le cabinet de curiosités prélevant des objets incongrus et inclassables, produits par l’improbable fabrique de la nature et de la culture.
Cabinet particulier, réservé, intime, il y a là cette idée de retrait, préservé, de s’extraire du rythme, du regard public, des « lieux communs », aussi.
J’ai écrit l’argument de cette journée « Les différentes addictions aujourd’hui et les relations d’objets » alors que j’explorais les idées du philosophe Bernard Stiegler.
Vers une « pharmacologie de l’attention »
Bernard Stiegler, reprenant Karl Popper, parle de l’humain comme d’un être développant des organes « exo-somatiques ». C’est-à-dire que l’humain produirait des objets externes qui s’ajouteraient à lui dans son fonctionnement. Par exemple des lunettes pour mieux voir, des vêtements pour se réchauffer…