D’aucuns, d’aucunes se demanderont peut-être pourquoi j’ai souhaité qu’une reproduction de l’enlèvement d’Europe par Zeus déguisé en Taureau figure en couverture d’un livre consacré aux hommes d’aujourd’hui, à leurs amours, leurs fantasmes et à leurs sexualités.
C’est que le point de départ de cet ouvrage fut une question qui m’a été posée par des chercheuses et des chercheurs, un groupe pluridisciplinaire, qui se réunissait annuellement dans un colloque consacré à ce mythe dans ses diverses occurrences artistiques au cours des siècles.
Cet ouvrage est un essai sur les désirs et les fantasmes chez les hommes que nous offre Patrick De Neuter à partir de l’étude du mythe de l’enlèvement d’Europe dans un style rigoureusement didactique. Un second tome, qui sortira prochainement, va s’attacher à déployer le versant féminin de la question. A partir d’une longue et riche pratique auprès des couples, il pose l’idée d’une forme d’archaïsme dans les comportements sexuels des hommes dans les liens hommes-femmes par la mise en place d’une forme de domination masculine faisant la part belle aux infidélités. Si la place du modèle patriarcal se trouve repérée et sa chute reconnue, le propos ne fait qu’effleurer la question. L’enjeu n’est pas pour nous de détailler l’ensemble des thématiques développées mais de reprendre les traits saillants et significatifs de son propos à savoir la richesse des mythes, la scène que propose le couple pour dire le désir des hommes et la dialectique des fantasmes de virginité et du démon de midi.
Patrick Anderson est professeur émérite de l’Université des sciences du langage de Franche-Comté. Son livre Une langue à venir n’a pas de lien direct avec la psychanalyse ni même avec les sciences du langage, mais il est une interrogation sur ce que c’est d’enseigner une langue et de parler du désir. Ce livre est subversif. Il innove dans la méthode traditionnelle de l’enseignement des langues étrangères.
Au centre de son ouvrage, Anderson place le parlêtre et son désir de s’immerger dans une langue autre que la sienne. Il s’appuie sur le livre du Japonais Akira Mizubayashi : Une langue venue d’ailleurs qui retrace la démarche particulière de ce dernier dans l’apprentissage du français. En effet, dans cet apprentissage, le parlêtre émerge en tant que sujet singulier à l’origine d’un désir d’apprendre, d’incorporer, de s’approprier la nouvelle langue. Patrick Anderson commence son livre par l’évocation de l’œuvre de Ferdinand de Saussure.
Ce feuillet est la possibilité que nous avons choisie de donner corps au cabinet de lecture de la FEDEPSY afin de permettre de décliner les échanges que nous avons eu au sein de notre groupe à partir de nos lectures. L’enjeu est ici de permettre un éclairage de la diversité de la psychanalyse et ses possibles dialogues qu’elle peut construire avec d’autres disciplines, d’autres discours sans pour autant éclipser l’incomplétude inédite à toute forme de savoir.
Nous avons eu ainsi l’occasion de lire et d’échanger autour du livre de Patrick De Neuter intitulé Les hommes, leurs amours et leurs sexualités. L’auteur tente d’interroger les travers du couple du côté des hommes à partir de son périple au cœur du mythe grec de l’enlèvement d’Europe. Il propose un nouage entre son expérience clinique et l’apport de la littérature. Nos échanges nous ont amenées à nous poser la question de la place du masculin au sein des théories psychanalytiques et de son articulation au complexe paternel, mais nous nous sommes retrouvés face à une énigme déguisée en une certitude : qu’est-ce qu’un homme ?
À la veille de boucler la Lettre d’avril, des textes imprévus pleuvent dans ma boîte mail. J’en suis ravie, mais devant l’éclectisme des styles, me demande : quel serait le fil directeur de ce numéro ? Dans un premier temps il se dessinait mythologique, avec :
Puis arrivent les « imprévus » :
Une étude BVA-Gallup International de 2011 avait classé la France parmi les pays les plus pessimistes du monde, juste devant l’Irak et l’Afghanistan ! Ainsi, avant même d’atteindre le pic de l’épidémie de Covid-19, de violentes critiques se sont élevées pour attaquer le gouvernement, l’administration et l’organisation du système hospitalier. Il y a eu des manifestations spontanées primesautières et imprudentes, par exemple le dernier soir avant le confinement beaucoup d’entre nous sont allés faire la fête. Dernière occasion avant longtemps ? On risquait de profiter aussi de cette grande occasion de contagion en masse. Deux discours différents et opposés. Pourtant, vu de l’étranger, la France est citée en exemple. Encore un troisième discours. Ces discours flottent en fragments clivés et isolés. Ceci se passe. La psychanalyse, sa pratique, sa transmission restent-elles à l’abri ? Comment les protéger ?
Freud avait mis en lumière une question déterminante dans son cheminement qu’est-ce qu’un père ? De Neuter offre un parcours non dénoué d’intérêt et d’une foisonnante culture. Freud avait tenté de répondre à une question qui jalonne son cheminement avec une forte insistance : qu’est-ce qu’un père ? De Neuter propose des variations autour d’une autre question qui s’exprime peut-être à son insu, dans les multiples plis de son propos faisant fi de toute réflexion autour du genre, et même de toute forme de bisexualité psychique. Qu’est-ce qu’un homme ?
Le numéro 29 de la revue « La clinique lacanienne » nous permet ainsi de prolonger la réflexion vers d’autres sentiers.
Autre texte, perspectives. « La passion de l’incertitude » (2020) de Dorian Astor nous offre également à penser hors de tout manichéisme ambiant.
L’expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu’il s’agit d’une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n’en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C’est souvent l’échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l’entrée dans le discours analytique.
Cet ouvrage fait suite aux Journées d’avril 2014 de la FEDEPSY : La clinique psychanalytique aujourd’hui. Praxis des Entretiens préliminaires, journées coordonnées par Jean-Richard Freymann et Marcel Ritter.
Jean-Richard Freymann explique que ce livre se veut un passage de flambeau des aînés psychanalystes à la nouvelle génération.
« Entretiens préliminaires », de quoi s’agit-il ?
Les auteurs de ce livre : Jean-Pierre Bauer, Eva-Marie Golder, Jean-Marie Jadin, Patrick Landman, Daniel Lemler, Nicole Lévy, André Michels, Marcel Ritter, Moustapha Safouan et Marie-France Schaefer, tentent d’y répondre.
Dans son introduction, Jean-Richard Freymann dit que les entretiens préliminaires sont le marche-pied pour entrer dans une analyse.
Tous les auteurs de ce livre partageront, en l’explicitant chacun à sa manière, cette définition. Freud, quant à lui, ne parle pas d’entretiens préliminaires mais d’un traitement d’essai à une psychanalyse.