Marie-France Schaefer poursuit les réflexions de son article paru dans La lettre de la FEDEPSY n°10, autour de la thématique du « genre ». Elle mêle références « théoriques » et échos directs de la pratique, une forme d’association libre côté fauteuil, qui lui permet d’aborder de près les arêtes de la clinique.
Lire puis écrire pour maintenir la pensée qui s’estompe sans rencontre, voilà une proposition qui me réveille.
Le texte de Martin Roth (éphéméride 2) réactive l’importance des mythes comme celui de Jennifer Griffith qui me fait sortir de la bibliothèque les merveilleux classiques, les œuvres culturelles en général.
Thierry Vincent parle d’humour comme antidote.
Justement, le confinement m’autorise à perdre mon temps avec délectation et je regarde des films à la maison.
C’est la question que je me suis posée vendredi dernier après avoir écouté mes patients.
Les psys entendent des histoires qui semblent invraisemblables mais ma dernière patiente lâche à la fin de la séance que son fils est devenu une fille et que sa fille se prépare à devenir garçon. J’ai deux patients adolescents en thérapie qui sont en cours de transformation. J’avoue avoir du mal à écouter « cela ».
Je me console en me disant que cela doit être pire en psychiatrie, ce que l’on peut entendre « du Monde ». Une de mes stagiaires, lorsque je travaillais en milieu scolaire près de la prison, m’avait dit qu’elle trouvait que les scénarios des films étaient exagérés mais que la réalité qu’elle avait entendue étaient encore bien pire que dans les films.
Quand même…. Parmi toutes ces « folies », il y en a une qui m’interroge, me touche au-delà des autres. Ce sont les enfants, les adolescents qui se livrent à la médecine pour changer de sexe.
Elle pose des questions qui me parlent :
Pourquoi ne me suffit-il pas de ressentir que je suis vivante. Pourquoi la nécessité d’en écrire quelque chose ?
Et
Pourquoi certains écrits d’il y a mille ou deux cents ans nous touchent encore. Ils recèlent des fragments de ce que vivre et penser donnent à dire à l’humain ?
Écrire, c’est matérialiser par des traces sur un support : du papier, un écran ou un objet ce qui se déroule, ce que j’ai vécu, ce qui se dit dans ma tête.
J’écris ce que j’ai fait dans ma tête de la réalité dans laquelle j’étais prise, après coup.
L’expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu’il s’agit d’une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n’en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C’est souvent l’échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l’entrée dans le discours analytique.
Cet ouvrage fait suite aux Journées d’avril 2014 de la FEDEPSY : La clinique psychanalytique aujourd’hui. Praxis des Entretiens préliminaires, journées coordonnées par Jean-Richard Freymann et Marcel Ritter.
Jean-Richard Freymann explique que ce livre se veut un passage de flambeau des aînés psychanalystes à la nouvelle génération.
« Entretiens préliminaires », de quoi s’agit-il ?
Les auteurs de ce livre : Jean-Pierre Bauer, Eva-Marie Golder, Jean-Marie Jadin, Patrick Landman, Daniel Lemler, Nicole Lévy, André Michels, Marcel Ritter, Moustapha Safouan et Marie-France Schaefer, tentent d’y répondre.
Dans son introduction, Jean-Richard Freymann dit que les entretiens préliminaires sont le marche-pied pour entrer dans une analyse.
Tous les auteurs de ce livre partageront, en l’explicitant chacun à sa manière, cette définition. Freud, quant à lui, ne parle pas d’entretiens préliminaires mais d’un traitement d’essai à une psychanalyse.