Jean-Richard Freymann : En 1983, vous avez fait paraître le livre Jacques Lacan et la question de la formation des analystes, en 1988 vous sortez Le transfert et le désir de l’analyste. Est-ce une tentative de réponse à cette question sur la formation des analystes ?
Moustapha Safouan : C’est devenu cela. Mais le point initial était tout à fait subjectif. Après la dissolution de l’EFP, je n’avais qu’une seule tâche en tête, c’était la question de savoir ce que j’avais fait pendant trente ans. J’avais commencé ma pratique en 1950, même fin 1949 ; alors quand cette dissolution a eu lieu, cela a été en quelque sorte l’impératif qui s’est posé pour moi. Puis est venue la mort de Lacan et cela a été aussi un travail de deuil, c’est-à-dire une façon de me détacher correctement de Lacan. On ne se détache pas correctement de Lacan en tombant dans l’imbécillité de confondre ceci avec dire : « le roi est nu », moyennant quoi on ne voit même pas que c’est sa propre nudité que l’on proclame ainsi.
Jean-Richard Freymann présentera son livre « Fins de cure(s) et fins d’analyse(s) – Pour un renouveau de la psychanalyse » (Arcanes-érès, mai 2024)
le vendredi 6 décembre à 20h à la Librairie 47 Degrés Nord à Mulhouse (8b rue du Moulin).
Hervé Gisie et Jean-Marie Jadin animeront cette rencontre.
« Genèse du discours psychanalytique (Quelle histoire !) par le retour à la clinique »
Présentation du programme 2024 : argument, bibliographie…
« Les formations de l’inconscient vues d’aujourd’hui et les dialectiques symptômes-sinthomes »
Et si les hypnoses individuelles ne correspondaient pas à l’hypnose collective ?
Les réseaux sociaux sont-ils une somme de Mesmérisme ?
L’acte est à la fois le reflet de la structure de la psyché et le témoin de l’évolution du contexte discursif. Plus la société va dans le sens du totalitarisme, plus le passage à l’acte fait fétiche. L’acte interprété comme un temps d’arrêt de la symbolisation est interrogé à partir des « tensions sociales », de l’ancrage symbolique, du défaut d’imagination et de la certitude délirante.
Les deux « échos des séminaires » de ce mois concernent le séminaire de Jean-Richard Freymann du 14 mars 2023, et peuvent être lus en articulation : Claude Ottmann nous propose le texte de son intervention dans le séminaire, et Cyrielle Weisgerber tisse quelques questions, à l’intersection des réflexions amenées par les deux orateurs.